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Qui raconte?


Fanny Borius, journaliste. Diplômée de l'IUT de journalisme de Bordeaux (2005-2007), aujourd'hui IJBA. 

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Il s'agit ici de regarder le monde et de le raconter. Raconter la richesse de ces hommes, de ces vies, de manière forcément subjective mais le plus honnêtement qui soit. 
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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 22:19

Publié sur athle.fr, juin 2013

 

Vingt ans de tennis, un peu de cyclisme et des footings régulièrement. En novembre dernier, Jérôme Delem se décide à prendre une licence d’athlétisme au Domont Athlétisme (Val-d’Oise). Avec ses camarades de club, il court deux cross cet hiver, deux 10km puis un premier trail de 20km. Et, le 19 mai dernier, il prend le départ de son premier trail de 68km, le trail des “Gendarmes et Voleurs de Temps” dans le Limousin. Jérôme Delem nous raconte l’avant… et l’après !

 

© Jérôme Delem

 

Quelle a été votre préparation ?

Déjà, je ne m’attendais pas à participer au trail de 68km, j’ai pris le dossard d’une personne du club qui était blessée. Je me suis entraîné pendant deux mois en faisant des sorties longues de 2 à 3h en région parisienne, sur un parcours vallonné : en vallée de Montmorency, dans la forêt du Carmel ou de Saint-Martin-du-Tertre.

 

 

Quelle était votre tactique de course ?

J’appréhendais un peu. Mon but, c’était de la finir donc je ne voulais pas partir comme un taré. Je devais garder une vitesse de 10km à l’heure pour, au final, 8 à 9h de course. J’ai fait l’ascension du Mont Blanc en 1999, et plusieurs sommets à plus de 4000m d’altitude. J’ai un passé de sportif et je sais que dans ce genre d’épreuve, c’est la tête qui joue énormément.

 

 

Vous avez emporté quoi avec vous ?

Je savais qu’il y avait trois ravitaillements mais j’étais en autonomie avec mon sac à dos. J’ai pris le minimum : de l’eau, des barres énergétiques, une couverture de survie, des vêtements de pluie et des vêtements chauds. C’est obligatoire et les sacs sont contrôlés au départ. J’ai emporté aussi un téléphone, par sécurité. On ne sait jamais, en cas de blessure, ou même si j’ai besoin d’appeler les secours pour quelqu’un d’autre. Ce ne sont pas 80 grammes qui vont me pénaliser !

 

 

Vous craigniez un peu la course ?

Non, on était huit du club à y participer et j’étais devant l’un d’eux sur 10km, et de beaucoup !

 

 

Finalement, comment ça s’est passé ?

Pour une première, ça a été épuisant. Ca m’a marqué. On est arrivés le samedi, sous la pluie, et il a plu toute la nuit. Le dimanche, il a plu du matin au soir, une catastrophe ! Le parcours était boueux, tout le monde a souffert. Il fallait tout le temps regarder où on mettait les pieds. Je suis resté sur mes deux jambes tant bien que mal mais il y a eu beaucoup de chutes. J’ai entendu dire qu’il y avait eu 46% d’abandon sur 700 personnes sur la ligne de départ (en fait, il y a eu 522 finisher, ndlr). Mais il y a quand même eu du plaisir car on s’habitue aux conditions. Ca forge une personne.

 

 

Etes-vous tout de même content de votre course ?

Mentalement, je n’ai rien lâché (Jérôme a couru les 68km en 9h48’50, 317e, ndlr). Les côtes, je les ai faites en marchant, comme 80% des coureurs, car il fallait s’économiser. Il n’y a que les pros qui peuvent vraiment courir sur ces côtes. Au 27e kilomètre, il y avait déjà des personnes qui hurlaient à la mort, qui s’étiraient. Moi, j’ai eu un coup dur au 40e. Je savais qu’il y avait un « ravito » (ravitaillement, ndlr) trois kilomètres après. J’ai fini au mental. C’est positif car j’ai réussi à finir malgré les conditions. Je m’y étais engagé, peu importait le temps. C’est un bel exploit.

 

 

Comment s’alimente-t-on pendant la course ?

Il faut équilibrer le sucré/salé. Donc des barres énergétiques, des figues, des abricots, des dattes, du coca pour donner la pêche et puis du fromage à petite dose.

 

 

Qu’avez-vous appris de cette expérience ?

Qu’il ne faut pas partir trop vite pour mieux finir. Au début, souvent, on a les jambes et on pense les tenir tout du long. C’est en faisant qu’on apprend à se connaître. C’est beau. Je n’ai jamais eu l’envie d’abandonner. Et puis c’est un milieu fait de collectif. Dés qu’on double quelqu’un, on glisse un mot « Courage, lâchez-rien ! ».

 

 

Vous allez en refaire ?

Bien sûr ! Je ne regrette rien. J’ai eu des courbatures aux cuisses mais pas de douleurs. Les sensations étaient les mêmes qu’après un cross. C’est une belle histoire. J’ai prévu de faire le trail de La Plagne le 28 juillet prochain. La-bas, ce sera de la montagne donc pas du tout la même course.

 

Propos recueillis par Fanny Borius

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Published by Fanny - dans Portraits
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