Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Qui raconte?


Fanny Borius, journaliste. Diplômée de l'IUT de journalisme de Bordeaux (2005-2007), aujourd'hui IJBA. 

Edito
Ma case départ

CV

Bienvenue !

Vous êtes sur le blog de Fanny Borius, "Voir et raconter ".

Il s'agit ici de regarder le monde et de le raconter. Raconter la richesse de ces hommes, de ces vies, de manière forcément subjective mais le plus honnêtement qui soit. 
Vous avez à votre choix plusieurs destinations, plusieurs formes de reportages, plusieurs points de vues actualisés au fil des jours. Pour des voyages proches ou lointains, peu importe. Le principe est le même : rendre compte de ce qui se passe autour de soi au détour de la rue ou de l'autre côté du globe. 
Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur l'
Edito et sur Ma case départ.

Archives

17 septembre 2007 1 17 /09 /septembre /2007 23:00


(Cet article fait partie du dossier Cameroun)




Jérôme Carayon, d'Albi à Yaoundé


Après trois ans à l’ENSAM, à Bordeaux puis Paris, et des entretiens à l’ANPE sans lendemain, le jeune Albigeois Jérôme Carayon, 24 ans, décide de se lancer dans l’humanitaire. Retour sur ses huit premiers mois de coopération au collège Vogt de Yaoundé, la capitale camerounaise.



Un grand salon, une cuisine, une salle de bains, une chambre, un bureau. Même s’il n’a pas l’eau chaude et que des cafards viennent de temps en temps troubler son sommeil, Jérôme Carayon savoure : " Je suis presque un bourgeois niveau confort, ça ne change pas trop de ma vie d’étudiant ". A 24 ans, cet Albigeois au regard espiègle est coopérant au Cameroun pour la Délégation Catholique pour la Coopération. Parti en août 2005 pour deux ans à Yaoundé, il est chargé de suivre les travaux d’extension du collège Vogt pour étendre le prestige et la réputation de l'établissement dans le pays. Il dispose pour cela d’un budget de 340 millions de Francs CFA (un peu plus de 500 000 euros) débloqués par l’aide aux Pays pauvres très endettés (PPTE). Sa petite maison en dur se trouve au sein du collège Vogt, tout près de l’église où il va se recueillir. " Ma foi a grandi. Ici, j'ai trouvé des réponses à certaines questions que je me posais ".

Treize nouvelles salles de classe, un laboratoire de physique-chimie, quatre salles informatiques de quarante ordinateurs chacune avec l’Internet, une bibliothèque et une salle de lecture, c’est à un projet ambitieux auquel s’est attelé le jeune ingénieur et qui fera du collège Vogt le premier établissement du pays.


Pièce maîtresse du collège Vogt
 

Il a le cheveu court brun, la barbe, et un gabarit de coureur de fond. C’est surtout que Jérôme a perdu du poids à cause de la chaleur et des maladies. « J’ai eu deux fois le palu, des ascaris », ces vers qui se logent dans l’intestin. Un passage obligé si l’on en croit l’expérience d’autres coopérants DCC mais qui n’empêche pas longtemps à Jérôme de faire son boulot. Tous les jours, lunettes rondes sur le nez et pantalon-boubou, il se rend sur le chantier en contrebas du collège actuel. Il y donne ses ordres avec autorité, vérifie les dimensions, surveille la qualité du travail des ouvriers qui travaillent sept jours sur sept. Pour la première fois, toutes les salles auront l’électricité. Une nouveauté qui " explose le budget ", fait remarquer Jérôme. D’autant que le directeur de l’entreprise qui s’occupe des travaux n’est pas des plus honnêtes. " Il essaye de manger (ndlr : « gagner de l’argent » dans le jargon local) le plus possible. Je suis là pour le faire maigrir ", dit-il, mi-amusé, mi-irrité. Le chantier devait être fini en avril mais " c’est devenu une grosse galère ". La prochaine échéance est pour la mi-juin.

En plus de suivre ce chantier d’extension du collège, Jérôme est aussi conseiller d’orientation. " Je fais partie intégrante du collège ", explique-t-il. Si les élèves ont un souci sur leur avenir, une question à poser, ils savent qu’ils peuvent frapper à la porte de son bureau. " Je suis en train de faire une base de données répertoriant les orientations des anciens élèves. Cela peut être utile d’un coopérant à un autre. Je mets aussi en place un nouveau règlement intérieur. Tout cela est très gratifiant ". Le collège est le seul du Cameroun à envoyer certains élèves en classes préparatoires en France.

Danse et jonglage

Jérôme court partout, il n’arrête pas. Il n’a d’ailleurs pas eu de vacances depuis longtemps : six jours à Noël seulement. " Mais j’ai beaucoup de visites d’autres coopérants. Etre à Yaoundé est une position de rêve ". Et ses loisirs sont nombreux. Le jonglage d’abord qu’il enseigne à une quinzaine d’élèves. Le rock ensuite. Il prend des cours tous les dimanches après la messe. Une façon de profiter à plein de sa coopération qu’il ne regrette absolument pas. " On m’a toujours dit de faire ce que je voulais dans la vie. Je suis content parce que c’est ce que je fais".

Fanny Borius


Article paru dans l'Echo du Tarn en juin 2006


 

Partager cet article

Repost 0
Published by Fanny - dans Portraits
commenter cet article

commentaires

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -