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Qui raconte?


Fanny Borius, journaliste. Diplômée de l'IUT de journalisme de Bordeaux (2005-2007), aujourd'hui IJBA. 

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Il s'agit ici de regarder le monde et de le raconter. Raconter la richesse de ces hommes, de ces vies, de manière forcément subjective mais le plus honnêtement qui soit. 
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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 16:03



(Cet article fait partie du dossier Cameroun)



Funérailles à Mbouda, petite ville de l’ouest du Cameroun, dans le pays Bamiléké, à quelques kilmomètres de Bafoussam...


Au Cameroun, et en Afrique d’ailleurs en général, les funérailles sont une fête. Elles suivent l’enterrement de quelques jours, quelques mois, ou parfois quelques années. Car cette fête, qui est une véritable tradition, coûte cher et demande beaucoup de patience et de sacrifices de la part de la famille du défunt pour réunir l'argent nécessaire.

Les dépenses peuvent aller de 250 000 FCFA (381 euros env.) pour les familles modestes à 25 millions de FCFA (4000 euros env.) pour les riches familles de l’Ouest, comme ici dans le pays Bamiléké. Il s’agit de proposer à manger et à boire à l’ensemble des invités qui font parfois des centaines de kilomètres pour être présent. Ce sont les boissons alcoolisées qui coûtent le plus cher. Vin rouge, vin blanc fait à partir de la sève de palmier et aussi alcool fort avec le whisky local et international comme Pernod-Ricard, véritable « sponsor » de ces fêtes. Une marque renommée qui accentue le côté prestigieux de la cérémonie.

 

HONORER LA MEMOIRE DU DEFUNT

 

Ici, on fête la mort d’un habitant du village. C’est son fils qui le représente. Pour le reconnaître, il possède un sac traditionnel et un fouet qui symbolise la victoire des Bamilékés (ouest) contre les Peuls du Nord (musulmans), les derniers chevaliers d'Afrique noire. Au XIXème siècle, ces Peuls s'approprient le Niger, le Tchad, le Nigeria et tout le nord du Cameroun. Ils se déplaçaient donc à cheval mais ils n'ont pas réussi à s'emparer de l'ouest du Cameroun. Ce fouet, réalisé avec la queue du cheval, était le trophée de la victoire des Bamilékés. Il l'est resté.

 

 

Avant que la fête commence, les enfants et les personnes âgées se mettent à l’aise, aux premières loges.

 

 

 

Au même moment, les invités commencent à arriver sur le lieu de la fête, vivres sur la tête pour certains, pistolets à la main pour d’autres.

 

 

Des pistolets qui font office de pétards, un des objectifs étant de faire le plus de bruit possibles et d’effrayer le fils qui représente le défunt.

 

 

 

 

Non loin de ces festivités, le portrait du défunt trône toujours.

 

 

Il sera bientôt décroché par « le maître de cérémonie », reconnaissable à son masque très impressionnant et à la tige de feuille, très symbolique, qu’il porte avec lui. Sans cesse en mouvement, ce grand danseur propose la tige à plusieurs personnes de l’assemblée, les unes après les autres. Cela signifie qu’il lui apporte la paix. En échange, il faut lui redonner la tige avec quelques pièces de monnaie.

 

 

 

Tout cela, au rythme des percussions et au milieu des danseurs et danseuses…

 

 

 

 

Bientôt, le « maître de cérémonie » se tourne vers celui qui représente le défunt. Symboliquement, ce dernier lui donne le portrait de son père.

 

 

Ensuite, la fête se poursuit plusieurs jours et même parfois plus… et l’alcool coule à flot .

 

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Published by Fanny - dans Reportages
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commentaires

Val 02/04/2009 05:14

Merci de partager la culture et les traditions Africaines.
Merci beaucoup

Albo 17/03/2009 18:59

Excellent reportage ! Les photos sont très chouettes, la dernière est mytique ! On croirait plus à un spectacle théâtral !
Ainsi je me pose une question : croient-ils en la réincarnation ? sont-ils animistes ? ou simplement fatalistes ?

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