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Qui raconte?


Fanny Borius, journaliste. Diplômée de l'IUT de journalisme de Bordeaux (2005-2007), aujourd'hui IJBA. 

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Il s'agit ici de regarder le monde et de le raconter. Raconter la richesse de ces hommes, de ces vies, de manière forcément subjective mais le plus honnêtement qui soit. 
Vous avez à votre choix plusieurs destinations, plusieurs formes de reportages, plusieurs points de vues actualisés au fil des jours. Pour des voyages proches ou lointains, peu importe. Le principe est le même : rendre compte de ce qui se passe autour de soi au détour de la rue ou de l'autre côté du globe. 
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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 16:10



(Cet article fait partie du dossier Cameroun)



L'exemple de la chefferie de Bafoussam
(Pays Bémiléké, ouest Cameroun)




L'entrée de la chefferie de Bafoussam

L'entrée de la chefferie de Bafoussam


 


Avant la colonisation, la chefferie constituait la cellule de base de l’organisation sociale des Camerounais, comme dans d’autres pays d’Afrique. Avec leurs institutions (tribunaux), leurs coutumes et leurs interdits, les chefferies traditionnelles fonctionnaient alors comme de véritables nations. Aujourd’hui, beaucoup vivent encore selon des traditions ancestrales, dans ces villages, au cœur de la ville. Ainsi à Bafoussam, lorsqu’on se trouve sur les hauteurs de la ville, on peut distinguer les emplacements des chefferies, reconnaissables grâce à leurs habitations au toit pointu.
 

Ces chefferies sont surtout nombreuses à l’ouest du pays, on en compte des centaines. Quelles que soient leurs particularités et les traditions qu’elles partagent, toutes s’organisent autour de la figure emblématique du chef (lire ici l’interview captivante du chef de Bamendjou, chefferie située à quelques kilomètres de Bafoussam).

 

Ce chef est entouré de ses nombreuses femmes et enfants. A sa mort, c’est un de ses fils désignés par les villageois, qui prend sa place.

Le chef dispose de sa propre case et vit entouré de ses notables. Le centre symbolique du pouvoir est représenté par le palais. Pour connaître l’importance de chaque villageois, il faut regarder le nombre de pointes que compte le toit de leur case. Plus il y a de pointes, plus ils occupent une place importante au sein de la chefferie.


La chefferie se développe sur un vaste espace.
      


 

 

Visite de la chefferie de Bafoussam, créée il y a 800 ans :

 

 

La chefferie de Bafoussam est située en plein dans la ville. Plusieurs dizaines de personnes vivent au sein de cette organisation à la tête de laquelle se trouve donc le chef. Il est considéré comme un personnage sacré, il représente les ancêtres et jouit d’une grande autorité sur la population de la chefferie. Aidé dans sa tâche par des notables, il est personnellement responsable de la politique intérieure. Toute forme de dictature ou de trahison y est rejetée.

 

Ici, c'est la place des fêtes. Les petites maisons que l'on voit au fond abritent les instruments de danse prévus pur les animations. C'est aussi là que se préparent les danseurs avant les festivités. En face, (elles ne sont pas visibles sur la photo), se trouvent des tribunes.

En l'absence de fêtes, la place est reconvertie en terrain de football pour les plus jeunes.

  

Pour découvrir comment est organisée la chefferie de Bafoussam, je vous propose d’écouter le son (6 minutes) qui suit : la visite de la chefferie par un de ses habitants.

 


 

Quelques photos pour suivre la visite :


Ne rentre pas dans la chefferie qui veut. L'entrée principale est située le long de la route qui rejoint le centre-ville (voir photo plus haut) mais d'autres entrées existent tout autour de la chefferie.

A chacune d'elle se trouve une cabane obturée par un rideau de paille. Derrière, un garde à qui il faut montrer patte blanche... 
 
 

     

 

 

 

    

Ci-contre, le fauteuil du chef, juste à côté de sa case.

C'est là qu'il reçoit les notables en cas de litige.

 


 

La Grande Case Tchong : c'est le Tribunal de la chefferie. Les cas de vols, de meurtres, d'adultères y sont traités.

 

 L'intérieur du Tribunal.
 

 

 

 

 

Comme expliqué dans le son, vous pouvez voir la calebasse en bas à gauche. Les cailloux et la statue, à droite.

Les accusés doivent boire le vin de palm qui se trouve dans les calebasses. Ensuite, ils doivent taper du pied droit sur les cailloux et toucher la statue pour conjurer leur sort. S’ils sont coupables, ils meurent dans les trois jours.

Pour celui qui entre ici, mieux vaut donc être innocent. Le coupable peut se dénoncer avant d’arriver dans cette dernière pièce, il sera alors puni mais il aura la vie sauve.

 

 

 

 

 

 

 

 

La statue du lion, emblème du roi de la chefferie.

 

Le guide a absolument voulu me montrer cet endroit. C'est le lieu de dévotion au chef. Sa propre statue se trouve au milieu de cette sorte de kiosque, au bout d'un long chemin.

En fond, on distingue quelques cases au toit pointu.

 

 

Pour finir, cette photo de l'intérieur du musée de la chefferie, aussi appelé, vous l'avez compris, "palais royal".
Les objets symboliques y sont entreposés dans le noit le plus complet. 

Pour quelques secondes, le guide a bien voulu allumer la lumière, en précisant qu'il risquait d'être puni pour ce geste. Je me suis donc empressée de faire la photo, d'où sa relative qualité.

Ces statues représentent des guerriers.

 

 

 

 

 

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Published by Fanny - dans Reportages
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