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Qui raconte?


Fanny Borius, journaliste. Diplômée de l'IUT de journalisme de Bordeaux (2005-2007), aujourd'hui IJBA. 

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Il s'agit ici de regarder le monde et de le raconter. Raconter la richesse de ces hommes, de ces vies, de manière forcément subjective mais le plus honnêtement qui soit. 
Vous avez à votre choix plusieurs destinations, plusieurs formes de reportages, plusieurs points de vues actualisés au fil des jours. Pour des voyages proches ou lointains, peu importe. Le principe est le même : rendre compte de ce qui se passe autour de soi au détour de la rue ou de l'autre côté du globe. 
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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 11:39



 

 

L’interview du chef de la chefferie de Bamendjou, la plus importante de la région :

(Réalisée en février 2006)


  


108855.jpg Shendjouk II Soukoundjou Ramo Jean-Philippe, le chef ou "Fô" de Bamendjou, à quelques kilomètres de Bafoussam.

   

 

 

 



Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Shendjouk 2 Soukoundjou Ramo Jean-Philippe. Je suis le Fô de Bamenjou depuis le 6 février 1953. Je suis planteur de café arabica, plantain et je suis également opérateur économique. Je vous reçois ici dans mon établissement. J’y suis tous les jours ouvrables.

 

Pouvez-vous m’expliquer votre rôle au sein de la chefferie ?

La chefferie comme telle dans la province de l’ouest est un état en miniature avec toute une constitution traditionnelle. Donc le Fô est au sommet, il est chef de l’état sur le plan traditionnel c’est-à-dire celui qui assure la sécurité, la santé des populations. C’est mon rôle.

 

Combien de personnes avez-vous sous vos ordres ?

J’ai 30 000 résidents et si il faut parler même de la diaspora, Bamendjou renferme 60 00 habitants.

 

Pourquoi les chefferies ont été créées au départ ?

Mais elles ont été crées comme tout autre organisme. Ce serait comme si vous me posiez la question de pourquoi un état est créé ? Au moment où les chefferies ont été créées, rien n’existait. Ce sont des individus qui se sont retrouvés ensemble. Ils ont d’abord commencer par occuper le territoire qui était la chefferie puis il a fallu qu’il y ait une organisation qui les administre. C’est pour cette raison que le statut du Fô est arrivé. Nous avons aussi des tribunaux, des écoles… tout ce qui fait que la population peut vivre et évoluer sereinement.

 

Ca veut dire que la chefferie c’est le modèle de développement, le modèle politique ?

Oui la chefferie traditionnelle est un modèle parce que c’est un exemple de rassemblement. Quand j’ai fêté mes 50 ans de règne, à la grande surprise des Camerounais, on a constaté que pour la première fois, toutes les tendances politiques s’étaient retrouvées ensemble et sans problème.

 

Cela fait plus de 50 ans que vous être chef, comment votre rôle a-t-il évolué ?

J’ai succédé, avant l’indépendance, au plus grand intellectuel de la chefferie Bamendjou. Depuis, cela a beaucoup évolué. A l’époque la chefferie de Bamendjou n’avait qu’une école publique, aujourd’hui elle en compte bien plus. On a des lycées aujourd’hui donc cela a beaucoup évolué.

 

Quels ont été les effets de la colonisation sur votre chefferie ?

Je peux dire qu’ils ont été très négatifs. Ca c’est mon constat parce que j’y suis depuis 1953. Négatifs pourquoi, parce que ce qu’on attendait n’a pas été fait. Et puis je n’ai jamais été d’accord sur le mot « colonisation » parce que le Cameroun n’a jamais été colonisé, il a était mis sous protectorat ou tutelle française.

 

Vous avez fêté vos 50 ans de règne en 2003, qu’avez vous traversé pendant tout ce temps ?

Là c’est une histoire très longue parce que … à la veille de l’indépendance (1960) j’ai été beaucoup malmené a cause de mes opinions de ma manière de prendre position face à l’administration coloniale ce qui m’a valu 2 ans de résidence surveillée. J’ai été interné dans beaucoup de prison de la république a cause de ma manière d’agir et de concevoir les choses. J’ai beaucoup souffert, beaucoup de mes amis sont morts. Dieu merci, je vis !

 

Qu’est ce qui gênait justement dans vos propos ?

Par ce que l’administration coloniale voyait en moi un révolutionnaire. Quand il m’arrivait par exemple, devant un chef de subdivision, ou un chef de région, ou un commandant de brigade ou un capitaine de ceci cela, de lui dire ouvertement que malgré mon âge le Cameroun serait libre tôt ou tard, ça ne faisait pas plaisir.

 

Quelle est votre vie quotidienne ici ?

Je suis planteur et opérateur de communication, c’est ça qui fait ma vie et qui me permet de vivre avec ma famille. Je rentre dans la chefferie tous les soirs. Avant de partir de la chefferie,j’organise mes travaux champêtres avec les femmes, les enfants tout le monde, et je viens ici (dans son bureau en centre-ville) superviser mes activités sur le plan économique. Tous les soirs, je rentre dans la chefferie.

 

 

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Published by - dans Portraits
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commentaires

lola 11/08/2015 16:23

coucou fany . le chef sokoudjou a 77 ans en 2015 car il est née le 11 novembre 1938 et a exactement 62 ans de règne en ce jour

Fanny Borius 11/08/2015 16:29

Merci pour la précision !!

Fanny Borius 07/10/2014 10:56

Merci pour votre commentaire. Je n'ai plus l'âge de cette personne en mémoire malheureusement ...

Je suis l'unique auteur des articles et interviews publiés sur ce blog.

Fanny

CHEDJOU FOWE GRANT 06/10/2014 20:28

merci pour cette interview riche en informations, malgré que je déplore quelques manquements (quel est l'age actuelle du chef des Bamendjou?). je pense qu'il n’est pas très hiérarchique de parler de règne sans parler de l'age de l'individu en question. et aussi, bien vouloir mentionner le nom du journaliste à la fin des prochaines publications svp. merci encore pour l'infos.

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