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Qui raconte?


Fanny Borius, journaliste. Diplômée de l'IUT de journalisme de Bordeaux (2005-2007), aujourd'hui IJBA. 

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Il s'agit ici de regarder le monde et de le raconter. Raconter la richesse de ces hommes, de ces vies, de manière forcément subjective mais le plus honnêtement qui soit. 
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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 13:55

 

Publié dans Athlétisme Magazine, n° 554, rubrique "Dingue d'athlé" (septembre-octobre 2014)

 


Ancien président de l’OMC (2005-2013), ancien commissaire européen au commerce (1999-2004), Pascal Lamy, 67 ans, a passé une grande partie de sa vie professionnelle dans les avions et les hôtels des grandes capitales, à la rencontre des décideurs mondiaux. Pendant 15 ans, il a parcouru chaque année 450 000 kilomètres, soit 10 fois le tour de la Terre. Pour tenir le rythme, ce haut-fonctionnaire conservait précieusement un accessoire indispensable dans ses bagages : ses baskets.

 

 

 

 

Depuis quand courez-vous ?

J’ai toujours été sportif. J’ai commencé sérieusement quand j’étais étudiant sur le campus de Jouy-en-Josas. Je participais aux critériums HEC/Sciences-Po puis Sciences-Po/HEC puisque j’ai fait les deux écoles. Je pratiquais alors la course à pied mais toujours en fond : 2000m, 5000m, 10 000m, jamais de sprint.

 

Pourquoi la course à pied ?

J’ai fait pas mal d’équitation quand j’étais petit, j’ai beaucoup joué au tennis mais compte tenu de la vie professionnelle que j’ai eu, qui a toujours été un peu surchargée, que ce soit en France, à Bruxelles, ensuite à Genève, c’était le meilleur rapport qualité-prix qui correspondait à mon besoin de détente et d’activités physiques. La course à pied, vous pouvez faire ça partout, à toute heure, ça vous permet de vous remettre des décalages horaires et la logistique est assez simple.

 

Qu’aimez-vous dans la course à pied ?

Je suis un vieil adepte du Anima sana in corpore sano (un esprit sain dans un corps sain, NDLR). Dans la culture occidentale, on a tendance à séparer le corps et l’esprit or d’autres cultures, de ce point de vue là, sont à mon avis plus pertinentes. Pour moi, c’est une manière de se retrouver, de réfléchir, de faire la paix avec son corps. Il y en a pour qui ce sont d’autres sports : le yoga, le jeu de go … Moi, c’est le sport et la musique.

 

Vous courez en musique ?

Ca m’arrive souvent. De la musique classique en général. Je préside l’orchestre de Marc Minkowski depuis un certain nombre d’années et j’appartiens à une famille qui a toujours fait un peu de musique. Ce sont mes deux retranchements.

 

Où courez-vous ?

C’est le plus souvent possible, rarement au même endroit, sauf en Normandie chez moi du côté de Gisors (Eure). Là-bas, ce ne sont pas les chemins, les bois et les prairies qui manquent ! A Bruxelles, mon parcours était dans la forêt de Soignes. Quand j’étais basé à Genève, je courais autour du lac Léman. Il y a des villes sur cette planète où je courais en plein air il y a 30 ans et où ça ne m’arrive plus maintenant parce que c’est pollué comme à Mexico, New Delhi, Sao Paulo, Jakarta, même Pékin… Il faut alors aller dans la salle de gym de l’hôtel.

 

Et à Paris ?

A Paris, ce n’est pas évident. Il y a le parc Monceau, le Luxembourg, les Buttes-Chaumont… C’est joli mais sur le plan sportif c’est un peu maigre. Paris, malheureusement, n’est pas une ville pour coureur à pied contrairement à Londres ou Berlin. C’est dommage mais c’est comme ça. Il faut quand même se peler les trottoirs et les feux rouges avant d’arriver sur le site et si c’est pour prendre sa bagnole pour aller courir, alors non merci !

 

 

 

"Cela m’est arrivé de courir avec tel ou tel ministre ou premier ministre qui sont également des coureurs à pied, c’est l’occasion de tailler une bavette."

 

 

 

En quoi courir vous aide dans votre vie professionnelle ?

C’est un anti-stress. Je suis probablement de meilleure humeur, mes équipes le savent ! C’est comme les chevaux, quand on les sort un peu, ça va mieux après. Si je vis deux jours enfermé dans des hôtels pour des réunions, courir me permet de sortir et de voir où je suis, si c’est au Cambodge, au Vietnam... Je suis rentré d’Australie ce matin, et là-bas à Sydney, il y a des kilomètres de pistes sur le bord de la mer, c’est absolument superbe.

 

Cette pratique de la course à pied est encore très présente aujourd’hui ?

Oui. Chaque fois que possible. La différence avec le passé c’est que, quand j’étais jeune, je courais le soir et maintenant, je cours le matin, 45 minutes, cela suffit largement pour réveiller l’adrénaline et vous mettre en forme pour la journée.

 

Suivez-vous l’actualité de l’athlétisme, les compétitions sportives ?

J’ai du respect pour la pratique sportive, j’en suis un avocat, mais je n’ai pas le temps de regarder la télé et je n’appartiens pas aux gens qui achètent l’Equipe pour se promener avec sous le bras parce que ça fait peuple.

 

Participez-vous souvent à des compétitions ?

Je fais des compétitions de temps en temps mais ce sont des compétitions-participation. Si je fais le marathon de New-York, de Genève ou d’ailleurs, je ne le fais pas pour être classé, mais si je suis dans le premier tiers, je suis content. Ces échéances, c’est surtout l’occasion d’avoir des objectifs dans la saison parce que cela suppose quand même un entraînement spécifique.

 

 

"Au marathon de Paris, les spectateurs il faut les chercher et on a toujours l’impression d’emmerder le monde."

 

 

Justement, vous vous préparez combien de mois à l’avance ?

Je peux faire un semi-marathon dimanche prochain, pas un marathon. Je m’entraîne aux sensations, j’ai des parcours, des temps. Bien sûr, il faut être un peu obsessionnel, un peu maso. Mais à 67 ans, je me connais bien.

 

Vous allez courir seul ?

En général oui. Cela m’est arrivé de courir avec tel ou tel ministre ou premier ministre qui sont également des coureurs à pied donc c’est l’occasion de tailler une bavette, de manière décontractée, mais je n’appartiens pas à un club. Si je suis chez moi, en Normandie, je cours avec mes fils, c’est familial.

 

Combien avez-vous couru de marathons ?

Je ne les compte plus, une quinzaine. J’ai fait New York souvent, Bruxelles et Paris. New-York, tous les marathoniens vous le diront, c’est sans aucun doute le plus grand. Il n’y a pas de comparaison possible. Toute la ville est prise. Vous traversez des quartiers où vous ne mettez jamais les pieds : Brooklyn, le Bronx et, sur 42 km, vous avez trois rangs de spectateurs ! C’est une fête, un événement, il y a des Chinois, des Japonais, des Mexicains, des Africains … C’est le monde qui est là et il y a ce côté américain très « DO IT » ! Au marathon de Paris, les spectateurs il faut les chercher et on a toujours l’impression d’emmerder le monde.

 

Avez-vous réalisé votre meilleur chrono là-bas ?

Non, c’était à Bruxelles dans les années 90 en 3h30-3h45, ce qui n’est plus le cas maintenant.

 

Quelle est votre prochaine échéance ?

Je suis inscrit au marathon de New-York cette année (il a lieu le 2 novembre 2014, NDLR) mais cela va dépendre de mon temps pour m’entraîner. Or, plus vous souffrez à l’entraînement et moins vous souffrez pendant la course et vice versa donc il faut être en forme.

 

La course à pied, une drogue ?

Une drogue, le mot est un peu fort mais on sait bien que la course à pied permet à notre organisme de sécréter des endorphines, soit des hormones anti-douleur, qui ont un effet euphorisant, et cet effet euphorisant créé l’addiction. Enfin bon, il y a pire comme addiction !

 

 

Propos recueillis en mai 2014 par Fanny Borius

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Published by Fanny - dans Portraits
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